BLOG

Succession : les démarches à faire après un décès, dans l’ordre

Succession : les démarches à faire après un décès, dans l’ordre

Une succession se règle rarement dans l’urgence, mais elle commence par des délais courts. Certaines démarches se font dans les jours qui suivent le décès, d’autres dans les six mois, et un retard sur la déclaration fiscale coûte des pénalités que rien ne rattrape ensuite.

Les premiers jours

Trois démarches ne peuvent pas attendre :

  • La déclaration de décès en mairie, généralement effectuée par l’entreprise de pompes funèbres, qui délivre les actes de décès. Demandez-en plusieurs exemplaires d’emblée : chaque organisme en réclamera un.
  • L’information des organismes : employeur ou caisse de retraite, banque, assurances, mutuelle, bailleur ou syndic. La banque bloque les comptes individuels dès qu’elle est informée.
  • La recherche d’un testament, que le notaire interroge au fichier central des dispositions de dernières volontés.

Faut-il un notaire

Le recours au notaire est obligatoire dans plusieurs situations : présence d’un bien immobilier dans la succession, existence d’un testament ou d’une donation entre époux, ou succession dépassant un certain montant. En dehors de ces cas, une succession modeste peut se régler entre héritiers, avec une attestation signée par eux pour débloquer les comptes.

Dans le doute, le notaire reste la voie sûre : c’est lui qui établit l’acte de notoriété désignant les héritiers, pièce que réclameront la banque et l’administration. Si les moyens manquent pour engager des frais, il existe des dispositifs d’aide — voir notre article sur l’aide juridictionnelle.

L’option des héritiers : trois choix, pas deux

Un héritier n’est pas obligé d’accepter. Il dispose de trois options :

  1. L’acceptation pure et simple : vous recevez votre part, mais vous répondez aussi des dettes du défunt, y compris au-delà de ce que vous recevez.
  2. L’acceptation à concurrence de l’actif net : vous ne payez les dettes que dans la limite de ce que la succession vous rapporte. C’est la protection à retenir quand le patrimoine est incertain.
  3. La renonciation : vous êtes réputé n’avoir jamais été héritier. Votre part revient à vos propres descendants ou aux autres héritiers.

Le choix se déclare, et il n’est pas illimité dans le temps : un héritier peut être mis en demeure de se prononcer par un créancier ou un cohéritier.

Le délai fiscal de six mois

La déclaration de succession doit être déposée auprès de l’administration fiscale dans les six mois du décès lorsque celui-ci a eu lieu en France — un an s’il a eu lieu à l’étranger. Passé ce délai, des intérêts de retard courent, auxquels s’ajoute une majoration après une mise en demeure.

Ce délai vaut même si la succession n’est pas encore partagée entre les héritiers. Déclarer et partager sont deux étapes distinctes, et confondre les deux est l’erreur qui coûte le plus cher.

Ce qui entre dans la succession, et ce qui en sort

L’actif comprend les biens immobiliers, les comptes, les véhicules, les meubles et les valeurs mobilières, dont on retranche les dettes et les frais funéraires dans une certaine limite. Deux éléments courants échappent en revanche à la règle générale :

  • L’assurance-vie, qui se dénoue en principe hors succession au profit des bénéficiaires désignés, avec sa propre fiscalité.
  • Les biens détenus en indivision ou en démembrement, dont le sort dépend de la nature exacte des droits.

Quand ça se passe mal

Un héritier introuvable, un désaccord sur l’évaluation d’un bien, un cohéritier qui occupe le logement : ces blocages sont fréquents, et la procédure existe. On commence par une tentative de règlement amiable, éventuellement devant un conciliateur de justice, avant d’envisager un partage judiciaire — long et coûteux, à réserver aux situations réellement fermées.

Les documents à réunir

Préparer le dossier fait gagner des semaines : actes de décès, livret de famille, contrat de mariage ou pacte civil, titres de propriété, relevés bancaires, contrats d’assurance-vie, avis d’imposition, factures de frais funéraires, et la liste des dettes connues. Si le livret de famille manque, il se remplace : la démarche est décrite dans notre article sur le livret de famille perdu.

Information générale. Ce guide présente le droit de manière générale et pédagogique, à jour à sa date de publication. Il ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Vérifiez toujours sur les sources officielles (Légifrance, service-public.fr) et consultez un professionnel avant toute décision. Lire l'avertissement complet.