Fonctionnement de l’entreprise : Ce que la réforme du régime de nullité en droit des affaires change au 1er octobre

Fonctionnement de l’entreprise : Ce que la réforme du régime de nullité en droit des affaires change au 1er octobre

Publié le 17 février 2026 | Par Bruno | DROIT DES AFFAIRES

À partir du 1er octobre 2025, une réforme significative du régime de nullité en droit des affaires redéfinit les contours juridiques qui encadrent le fonctionnement des entreprises. Issue d’une ordonnance datée du 12 mars 2025, cette réforme vise à renforcer la sécurité juridique tout en clarifiant les règles applicables aux nullités des actes et décisions sociales des sociétés, qu’elles soient commerciales ou civiles.

Les nouveautés majeures de la réforme du régime de nullité en droit des affaires

La réforme introduit une approche innovante appelée « triple test » pour la prononciation des nullités. Contrairement à la procédure antérieure où une décision sociale pouvait être annulée automatiquement en cas d’irrégularité, l’ordonnance impose désormais que trois conditions cumulatives soient remplies afin que la nullité soit prononcée. L’intéressé doit démontrer que l’irrégularité porte préjudice à ses intérêts, qu’elle a influencé la décision sociale contestée, et que les conséquences de la nullité ne seraient pas disproportionnées au moment de son jugement.

Des modifications pour préserver la stabilité des entreprises

Au-delà du processus de reconnaissance de la nullité, la réforme modifie également ses effets sur le fonctionnement de l’entreprise. Notamment, la nullité de la nomination ou du maintien irrégulier d’un organe social ne remet plus en cause les décisions prises par celui-ci. Cette mesure entend éviter que des irrégularités formelles n’entravent indûment la continuité des opérations.

En complément, la réforme prévoit la possibilité de différer les effets rétroactifs d’une nullité si leur application immédiate générerait des conséquences manifestement excessives pour l’intérêt social. Cette démarche pragmatique vise à concilier respect des règles et préservation des activités économiques.

Réduction du délai et évolutions spécifiques à la nullité pour violation des statuts

Cette réforme réduit de manière significative le délai de prescription pour agir en nullité, qui passe de trois à deux ans à compter de la découverte du manquement. Cette évolution impose aux acteurs économiques un suivi plus rigoureux et rapide des décisions susceptibles d’être contestées.

Un changement notable concerne les violations des statuts sociaux. Dorénavant, celles-ci ne constituent plus un motif automatique de nullité, sauf disposition contraire spécifique prévue dans les statuts des sociétés par actions simplifiées (SAS). Ces dernières peuvent ainsi insérer dans leurs statuts des clauses précisant la nullité des décisions prises en infraction, limitant ainsi l’étendue des contestations possibles.

Impact sur le fonctionnement des entreprises et la pratique juridique

Pour illustrer, prenons le cas d’une PME qui a procédé à la nomination d’un administrateur selon une procédure irrégulière. Sous l’ancienne législation, cette irrégularité pouvait entraîner l’annulation de toutes les décisions du conseil d’administration, compromettant la stabilité de l’entreprise. Désormais, même en cas de nullité de cette nomination, les décisions ultérieures restent valides à condition que les critères du triple test soient remplis.

Ce nouvel équilibre entre rigueur juridique et continuité opérationnelle invite les conseils d’administration et les dirigeants à adopter une vigilance accrue sans craindre pour autant que chaque erreur formelle aboutisse à des conséquences disproportionnées.