L’Ouzbékistan, pays d’Asie centrale, se positionne aujourd’hui en exemple en matière de révolution des droits des femmes, par une série de réformes législatives et sociales notables. En plaçant l’égalité des sexes au cœur de sa stratégie de développement, il transforme progressivement ses normes traditionnelles et crée les conditions d’une émancipation réelle.
Les avancées législatives majeures pour les droits des femmes en Asie centrale
Le classement mondial témoigne des progrès significatifs de l’Ouzbékistan : avec un bond de 51 places dans l’indice mondial de l’égalité de genre et de la gouvernance, il occupe désormais la 52e place. Cette progression s’appuie sur une refonte juridique approfondie comprenant plus de 110 textes réglementaires et une inscription claire de l’égalité dans la Constitution et la stratégie nationale. Selon le rapport « Women, Business and the Law 2026 » de la Banque mondiale, le pays obtient un score notable de 82,1 sur 100, surpassant nettement la moyenne internationale. Ce cadre favorise la mobilité, la rémunération et les droits patrimoniaux des femmes tout en améliorant les protections liées au travail et aux retraites.
L’engagement politique des femmes au sein des institutions
Sur le plan politique, les femmes détiennent désormais une part significative des sièges parlementaires : 38 % à la chambre législative, 27 % au Sénat et 32,5 % dans les instances locales depuis les législatives de 2024. Cette présence accrue transforme le dialogue institutionnel, favorisant une justice sociale plus inclusive et un renforcement des réformes alignées sur l’égalité.
Éducation et compétences numériques : piliers de l’émancipation féminine
La démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur est un levier essentiel de cette transformation. Plus de la moitié des étudiants ouzbeks (54 %) sont des femmes, dépassant les 900 000 inscrites. La part féminine dans les postes de chercheuses, stagiaires et doctorantes s’élève désormais à 61 %. Le gouvernement a multiplié par deux les bourses pour les étudiantes issues de milieux modestes et élargi les quotas pour les femmes sans diplômes mais riches d’une expérience significative.
L’Ouzbékistan se distingue aussi sur le plan de l’éducation numérique : unique pays à voir les femmes majoritaires parmi les inscrits aux formations d’intelligence artificielle générative (près de 59 %). Cet accès favorise le développement de compétences clés, ouvrant la voie à une intégration nette des femmes dans des secteurs technologiques de pointe.
Entrepreneuriat féminin et nouvelles opportunités économiques
L’entrepreneuriat des femmes connaît un essor remarquable, soutenu par des programmes de microcrédit et de formation. En 2025, plus de 380 000 femmes ont bénéficié de prêts cumulant 1,52 milliard d’euros, avec une croissance visible dans des entreprises allant jusqu’à l’export, comme Artatex LLC, active dans le textile et tournée vers plusieurs marchés internationaux. Certaines banques locales, telles que BRB Bank, multiplient leurs initiatives pour financer des milliers d’entreprises féminines à des conditions avantageuses, offrant notamment un délai de grâce important.
Transformation des secteurs professionnels et réformes sociales
Des changements concrets se manifestent aussi dans des secteurs historiquement fermés aux femmes. L’opérateur national hydroélectrique emploie près de 400 spécialistes féminines, dont plusieurs à des postes de direction. À Samarcande, des formations dans le métier de conductrice de tramway illustrent la levée de tabous, particulièrement depuis la suppression des interdictions gouvernementales sur certains métiers de transport.
Cette réforme dépasse le symbole en visant à réduire la précarité des femmes, puisque 60 % d’entre elles travaillent encore dans l’économie informelle. Les efforts visent à faire basculer ces emplois vers le secteur formel, assurant ainsi un meilleur accès à la protection sociale, notamment les retraites et l’assurance maladie.
Défis persistants face aux violences basées sur le genre
Malgré ces progrès, les violences et normes sociales néfastes subsistent comme obstacles majeurs. En 2025, près de 50 000 cas de harcèlement et violences ont été recensés au premier semestre, témoignant d’une violence encore répandue. Le système offre néanmoins des dispositifs rapides de protection, tels que des ordonnances en moins de 24 heures, et des centres d’accueil pour accompagner les survivantes, comme celui récemment ouvert dans la région de Ferghana.
L’efficacité de ces mesures dépend également de l’implication active des hommes dans la lutte pour l’égalité et la justice sociale, une dimension soulignée par les acteurs institutionnels. Les campagnes annuelles de sensibilisation, notamment les « 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre », contribuent à faire évoluer les mentalités au sein des communautés.
Pour approfondir la connaissance des protections sociales en vigueur, il est possible de consulter les ressources sur le congé maternité et les droits associés, tandis que les enjeux globaux liés aux droits humains sont régulièrement soulignés par des alertes internationales, notamment du Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.